11 février(Cameroun): Les jeunes sont-ils encore dans la fête ?

Posté par odiga le 10 février 2010

Sources : Journal du Cameroun.
Le discours a changé et les jeunes ont d’autres ambitions même si la fête reste une occasion de parader

 

Ils sont presque unanimes sur un fait, la fête de la jeunesse ne représente plus rien à leurs yeux; Et le constat est d’autant plus désolant qu’il s’agit là des avis de jeunes étudiants et élèves. A la question de savoir s’ils se sentent vraiment dans leur fête, celle du 11 février, quatre jeunes sur cinq répondent par la négative. Le cinquième, loin d’être entièrement d’accord estime également que «si le système gouvernemental en place venait à être refait, les choses pourraient changer et les jeunes seraient plus impliqué dans la fête».

Les jeunes se sentent de moins en moins impliqués
Marie-Evelyne, jeune étudiante de 2ème année à l’université de Douala avoue ne plus se sentir dans «cette affaire», pour la simple raison que «c’est de plus en plus une fête de la jeunesse de nom, sur les papiers. On nous donne l’impression que nous sommes concernés, pourtant les véritables concernés se trouvent ailleurs». Ailleurs, c’est «dans les bureaux» réplique t- elle sur un ton d’énervement. Et Christian de lui emboiter le pas, «la fête de la jeunesse est devenue une fête uniquement pour les élèves du primaire et du secondaire, car on les contraint. Mais quand on avance, on se rend compte que le jeune n’y tire aucun avantage concret, si ce n’est qu’il se sèche au soleil pendant toute une journée.» Lorsque l’on veut prendre l’avis de Brice, il avance que «D’ailleurs à quoi sert-il de faire la fête quand les vieux et nos grands frères ne veulent pas entendre parler de jeunes autour d’eux, dans les entreprises. C’est déjà à un niveau où les jeunes se battent pour vieillir, puisqu’ils n’ont plus aucune assurance sur leur jeunesse et sur leurs chances d’avoir un boulot après l’école» Jeune animateur radio, Brice s’est vu obligé d’abandonner son matricule à l’université pour «préserver mon emploi dans cette radio». Et il ne s’arrête pas là «les jeunes se battent déjà entre eux pour savoir qui est le plus vieux, qui va commander. Ça ne fait aucun plaisir d’être jeune dans notre pays».

 

© 2.bp.blogspot.com
Les jeunes pensent

Aucun engouement de la part des jeunes
A quelques jours de la célébration de la fête de la jeunesse, l’on peut compter du bout des doigts les jeunes qui en parlent fièrement dans les rues. A moins de tomber sur un groupe de jeunes élèves de lycée, qui viennent justement de terminer la séance d’entrainement du défilé. Michael est élève en clasee de cinquième, et selon lui, «la fête de la jeunesse est une bonne chose parce qu’on s’achète pleins de cadeaux au défilé ; les ballons et autres chose qu’il n’y a pas souvent à l’école». Plus loin, Carine D. élève en classe de Terminale déclare «ça me fait un jour férié et je profite pour lire mes cours. Ce qui m’intéresse à l’heure actuelle c’est mon baccalauréat». Un avis que partage Christelle, jeune étudiante qui vient de décrocher son Master en Droit et qui est à la recherche d’un job, «sans succès depuis plus d’un an» dit-elle avant de poursuivre, «pour nous qui ne faisons rien, la fête de la jeunesse ne nous concerne en rien. Nous ne sommes impliqués à aucun niveau et on ne peut pas nous en vouloir de rester à la maison. Il n’y a rien à faire, ou plutôt, les postes qu’il y a à pourvoir dans les entreprises, son occupés par les familles des patrons. Et on veut nous faire croire que la jeunesse camerounaise va bien ? C’est faux».

A qui la faute?
Tous, ou presque vous donneront la même réponse, la faute revient aux politiques. Francis, 27 ans s’interroge : «a qui d’autre peut-on attribuer tout ce mal si ce n’est aux politiques ? Puisque ce sont eux, ces vieux, qui ont la charge de la jeunesse, qui instaurent des programmes du moyen âge pour des jeunes du XXIe siècle». Et quand on lui parle du Conseil National de la Jeunesse, il pousse un OUF et déclare «puisqu’on vient de le mettre en place, on attend de voir de quoi il est question et ce pourquoi il a été créé». Comme quoi, «quand il y a la vie, il y a espoir». La maxime chantée par un groupe de musiciens ivoiriens sonne désormais comme un chant de ralliement pour la jeunesse camerounaise, à la veille de sa fête. «Mon espoir est que les choses changent, mais mon rêve est de partir de ce pays. Même si on raconte que l’Europe n’est pas l’eldorado, c’est quant même mieux d’y être» conclut Francis, sans doute comme l’aurait fait plus d’un à sa place.

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Cameroun: La liberté syndicale en danger dans notre pays

Posté par odiga le 10 février 2010

Camer.beIls sont des centaines de femmes et d’hommes a avoir été brutalisés, frappés, licenciés mutés séparés de leurs familles et de leurs camarades de travail, ils sont des centaines à avoir perdu leur emploi, leur liberté et leur revenu. Pourquoi ? Pour quel délit ? Parce qu’ils (elles) sont des travailleurs et des travailleuses qui ont osé agir en être libres, pour défendre leur dignité améliorer leur condition de travail et d’existence, faire reculer l’injustice, construire l’avenir de leur pays. Cette alarmante situation ne semble préoccuper ni journal, ni radio, ni agence de presse, ici ou à l’extérieur.

Cela ne surprend personne c’est exactement comme cela qu’ils agissent à propos de l’Organisation Syndicale à laquelle appartiennent ces femmes et ces hommes.

La conspiration du silence contre les militantes et les militants de la CSAC victimes de répression par les médias d’état, n’est qu’un aspect de l’injure et de la haine obsessionnelles que notre Centrale Syndicale a toujours soulevé chez les adversaires du syndicalisme authentiquement libre et indépendant.

La CSAC dérange, nous le savons et nous savons pourquoi. Il reste que la voix des femmes et des hommes en lutte pour la justice sociale et la liberté ne saurait être étouffée par qui que ce soit. Les militantes et les militants de la CSAC, victimes par excellence de l’arbitraire des employeurs, de l’autoritarisme de certains fonctionnaires véreux de l’administration du travail et des tares de la démocratie formelle, infligée depuis des décennies à notre pays, sont la
CSAC conscience du mouvement social et démocratique de notre cher et beau pays le Cameroun. Tel est l’honneur de notre combat. Telle est la grandeur de la CSAC.

La liberté syndicale en danger dans notre pays.

Cinquante ans après l’indépendance nationale, dans la conquête de laquelle le mouvement syndical camerounais a joué un rôle unanimement reconnu comme déterminant, la situation du syndicalisme continue pourtant à se caractériser, au plan légal, par une dualité qu’associe la reconnaissance formelle et limitée de certains droits avec des dispositifs de coercition dont les effets sont brutaux. Cette ambivalence qui n’est pas fortuite, conduit à des graves agressions patronales, administratives et politiques contre la liberté, l’organisation et l’action syndicales au sens où le définissent notamment, les conventions 87 et 98 de l’OIT.

Ainsi d’une part la constitution stipule, dans sa version révisée de 1996, le respect des droits de l’homme tels qu’ils sont universellement définis et reconnus. La constitution apporte un égal statut aux organisations politiques et syndicales « pour concourir à l’organisation et à la représentation des citoyens ». Elle affirme aussi que “la liberté syndicale et le droit de grève sont garantis” en ajoutant toutefois “dans les conditions fixées par la loi”. De même le Cameroun a ratifié le 7 Juin 1960 la convention n° 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical et la convention n° 98 sur le droit d’organisation et de négociation collective qui garantit le droit d’organisation hors de toute ingérence.

Or, d’autre part, aucune disposition ne protège les travailleuses et les travailleurs contre la violation de la liberté syndicale ni contre les discriminations qui peuvent les frapper et qui, de fait les frappent souvent, en raison de leur appartenance et de leurs activités syndicales. De même ni le droit de grève garanti pourtant par la constitution, ni le droit de négociation collective consacré par la ratification de la convention n° 98 de l’OIT citée supra ne sont protégés.

Dans Les faits, la reconnaissance du droit syndical, du droit de grève et du droit de négociation se résume à une pétition de pure forme non seulement à cause de l’absence sus indiquée de toute protection légale de la liberté syndicale, mais aussi à cause de l’existence et de l’utilisation des mesures coercitives sanctionnant les syndicalistes et particulièrement les grévistes.

Pour illustrer nos propos, nous pouvons citer quelques cas graves. Il s’agit :

• De nos camarades travailleurs de l’entreprise de transport interurbain “BUCAVOYAGE” arrêtés, brutalisés et détenus pour avoir revendiqué le paiement de leurs salaires et l’immatriculation à la CNPS ;
• Du cas de nos camarades de l’entreprise Orange Cameroun, filiale de France- Telécom, traduits devant des conseils de disciplines hâtivement mis en place et ressemblant plus à des cours martiaux, pour se voir infliger des licenciements
ou de mesures disciplinaires graves et arbitraires en raison de leur participation à une grève, d’un appel à la grève ou du dépôt d’un certain nombre de revendications rentrant dans le cadre de la convention collective d’entreprise récemment négociée et signée en grande pompe ou tout simplement pour leur appartenance au syndicat et parfois même pour leur velléité à se présenter comme délégué syndical ;
• Pour avoir participé à un arrêt de travail nos camarades du Groupe de Presse le “Messager” ont été purement et simplement liquidés sous le fallacieux prétexte d’abandon de poste de travail.
• Pour la simple raison qu’ils se présentaient comme défenseurs acharnés des intérêts des travailleurs, en leur qualité de délégués du personnel et délégués syndicaux, nos camarades ont été licenciés de la société forestière ALPICAM au terme d’un congé technique et en violation des dispositions légales et réglementaires qui conditionnent de tels licenciements à l’autorisation préalable de l’inspecteur du travail du ressort ;
• Pour avoir tenu tête à la Direction Générale des Brasseries du Cameroun à la suite de la prise en main par cette dernière de la SIAC-ISENBECK BRASSERIE et pour réduire les chances du Syndicat aux élections des délégués du personnel de Mars 2009, le Président du Syndicat Autonome des Travailleurs des Industries Alimentaires du Wouri a été muté de Douala, dans la Région du Littoral à Bafoussam, dans la Région de l’Ouest. Toute tentative tant auprès de l’Employeur que des Autorités Gouvernementales et Administratives pour voir cette décision annulée s’est heurtée à un silence de cimetière.

Toutes ces violations sont systématiquement portées par notre Organisation à la connaissance des pouvoirs publics à l’échelon local, régional et gouvernemental. Une très importante série de cas graves de violations sont également communiqués par la CSAC au Secrétariat Général de la Présidence de la République et aux Services du Premier Ministre, Chef du Gouvernement.

Nous n’insisterons jamais assez sur le cas des dirigeants syndicaux et délégués du Personnel suspendus et licenciés à Orange Cameroun, en raison de leur participation à une grève. Ce cas de violation qui a retenu l’attention des Organisations Syndicales soeurs de l’Europe mérite une action plus soutenue de la part du mouvement syndical camerounais. Nous devons nous préparer à des actions syndicales d’envergure, car, nous devons relever que nos correspondances et autres interventions, ne semblent émouvoir personne.

Il est regrettable de constater le mépris qu’affiche le gouvernement, les autorités régionales et préfectorales à l’endroit de notre Organisation. Ces autorités n’ont jamais cru devoir communiquer de réponse aux multiples correspondances qui leur
sont adressées par nos dirigeants à tous les niveaux des structures pour attirer leur attention sur la violation des droits syndicaux et en demander leur respect.

Ce comportement des pouvoirs publics n’a d’égal que leur empressement à dépêcher et à déclencher l’intervention des forces de l’ordre contre les travailleurs aussitôt que les employeurs en conflit avec les syndicats de la CSAC leur en font la demande.

Vu le caractère manifestement collusif du comportement habituel des autorités publiques avec les employeurs qui ne respectent ni la législation du travail, ni le droit syndical, et qui refusent parfois même de reconnaître les structures syndicales au sein de leurs entreprises, la CSAC va se trouver dans l’obligation de déposer des plaintes auprès de l’OIT contre le gouvernement Camerounais pour violation des libertés syndicales.

 

Dans son rapport annuel sur les violations des droits syndicaux, la Confédération Syndicale Internationale relève plusieurs cas concernant notre pays qui ne nous honorent pas. Elle relève entre autres, les ingérences du Gouvernement dans les affaires syndicales, les manœuvres antisyndicales dans le secteur brassicole et les mesures de répression contre des syndicalistes.

Cette note a pour objet de susciter la réflexion de toutes et de tous et de préparer nos positions en ces jours où notre pays s’apprête à abriter le symposium sur la protection sociale en Afrique et la prochaine édition de la Fête Internationale du Travail du 1er Mai 2010. Nous attendons vos réactions sur notre adresse électronique ( csac.csac@yahoo.fr)

Notes de la rédaction : Le titre est de la rédaction de Camer.be

© Correspondance : Louis SOMBES, Secrétaire Général Exécutif de La Confédération des Syndicats Autonomes du Cameroun (CSAC)

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Cameroun: Message du Comité directeur de l’UPC à la jeunesse Camerounaise

Posté par odiga le 10 février 2010

 

Samuel Mack ItJeunes Kamerunais des Villes et des Campagnes, Jeunes Kamerunais de la Diaspora, Chers Jeunes Compatriotes, L’Année 2010 est une année anniversaire, non seulement de l’Indépendance du Kamerun, mais aussi de l’Indépendance de plusieurs autres pays d’Afrique dite francophone. C’est l’année du Cinquantenaire des « Indépendances ». C’est aussi l’année du Cinquantenaire de l’assassinat de Félix Roland MOUMIE, Président de l’UPC. Plusieurs pays d’Afrique se préparent à fêter l’évènement. Dans certains pays, comme la Côte d’Ivoire, une Commission du Cinquantenaire a été constituée par le Gouvernement ivoirien pour se consacrer à la commémoration de cet évènement.

Et chez nous au Kamerun?Le Président de la République a annoncé, le 31 Décembre 2009, dans son message de voeux, l’organisation d’une Réunion « Interplanétaire » à Yaoundé, le 20 Mai 2010 pour parler de l’Afrique. Oui ! Pourquoi pas ? Mais dans l’immédiat, quel est l’intérêt pour le jeune Kamerunais que tu es, de cette réunion des « experts internationaux » à propos des problèmes de l’Afrique ? Experts en quoi ? Pose-toi ces questions.

L’UPC quant à elle, te suggère ce qui suit.

Ø Pour l’année du Cinquantenaire de l’Indépendance même formelle seulement, de notre pays, ne te contente pas du 11 Février, c.à.d. d’une seule journée pour que le pays dont tu es sensé être le fer de lance, s’intéresse à toi et à tes problèmes.
Ø Interroge-toi et interroge tes aînés sur ce qui a été fait des ces 50 années d’Indépendance. En d’autres termes, quel est le bilan que nous en faisons ?

Bilan culturel, bilan social, bilan économique, bilan politique, etc. En sommes-nous satisfaits ?

Si oui, tant mieux ! Alors, il faut exposer toutes les avancées obtenues depuis 50 ans. Si non, pourquoi ? Quels ont été les obstacles qui ont empêché nos réussites ?

Le « nous » ici, concerne aussi bien les aînés que les jeunes, car, chacun, à la place qui est la sienne, doit assumer ses responsabilités.

Et maintenant ? Que faire pour l’avenir ?

Pour nous à l’UPC, cette année du Cinquantenaire, doit être une « Année de réflexion et d’action ».
Ø Réflexion pour faire le bilan et en tirer des leçons afin que cela change pour l’avenir.
Ø Action, car le naufrage dans lequel se trouve notre pays, nous impose d’entreprendre des actions dès aujourd’hui. Il ne faut pas attendre.

Il faut, dès maintenant, tout faire pour que cela change. Comment ? Il faut se rassembler et s’organiser afin d’être le plus efficace possible. Cela commence dans le milieu où tu es, avec tes camarades d’école ou de travail, dans le quartier, etc. Il faut se rassembler pour discuter de la situation de notre pays, par petits groupes d’abord. Si nous restons silencieux la situation ne changera pas d’elle-même. Mais il faut aller plus loin.

L’UPC préconise et travaille à un vaste mouvement de masse, solidement organisé, pour imposer un changement au RDPC. Mais, il n’y a pas et il ne peut pas y avoir un tel mouvement sans une présence massive de la Jeunesse. Votre présence et votre rôle dans un tel mouvement, sont incontournables. C’était déjà comme ça lors de la lutte pour l’Indépendance et la Réunification, avec la Jeunesse Démocratique du Cameroun (JDC) aux côtés de l’UPC.

Le changement profond dont notre pays a besoin, se fera nécessairement par étapes. La première et la plus immédiate, consiste à obtenir ou à imposer au RDPC, un Code Electoral Démocratique afin que le changement d’équipes et de politique se fasse sans violence. Des élections libres, transparentes et équitables, doivent permettre aux Kamerunais de constater le respect de leur choix dans les urnes. Et ce changement est la clef qui commande les autres étapes.

Jeune Kamerunais, Fille et Garçon, des Villes et des Campagnes, Jeune Kamerunais de la Diaspora,Ce pays est ton pays.

Tu n’as donc pas besoin de quelque autorisation que ce soit pour prendre des initiatives salvatrices pour son avenir, car en fait, c’est de ton avenir qu’il s’agit. Alors, n’attends personne. Réfléchis et agis !

 

L’UPC est déjà en action. Dans les semaines à venir, elle va amplifier son activité pour le changement. Si ses initiatives rencontrent ton approbation, alors, n’hésite pas, viens y participer, apporte ton concours. C’est ensemble, et plus nombreux que nous serons efficaces, si nous savons nous organiser et restons unis.

Jeunes, de mon pays, DEBOUT ! Car, comme l’écrivait MONGO BETI, de regretté mémoire « Qui voudra se satisfaire du rôle peu glorieux du spectateur passif devant les évènements qui commencent à se dérouler sous nos yeux privilégiés ? Qu’il se souvienne du passé, qu’il regarde le présent pour faire le triste bilan d’un régime de misère et de sang. »

Jeunes Compatriotes, Mon message pour l’année du Cinquantenaire de l’Indépendance, est un Appel à la Résistance, à la Réflexion et à l’Action. Résistance face au découragement auquel on vous appelle. Résistance à l’abandon de l’exigence du respect de vos droits. Résistance face à la volonté de nier votre existence même. Résistance face à la corruption.
Résistance face au renouvellement de fausses promesses jamais tenues depuis au moins 30 ans, depuis que vous êtes nés !
Résistance ! Résistance ! Résistance ! Réflexion et Action !

© Correspondance : Docteur Samuel MACK-KIT - Président de l’UPC

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Cameroun - Semaine de la jeunesse : Inquiétants débordements

Posté par odiga le 10 février 2010

Sources: Cameroon Tribune. 

Dans les artères de Yaoundé, des caravanes de véhicules surchargés d’élèves donnent des sueurs froides.

Cas de figure, récemment arrivé dans un collège à Yaoundé. Dans le cadre des activités liées à la fête nationale de la Jeunesse, les élèves dudit collège, comme leurs camarades des autres établissements secondaires, ont organisé une caravane à travers la ville. Dans le souci d’éviter des débordements sur la voie publique, le responsable de l’établissement leur affecte deux enseignants comme encadreurs. Mais à peine le cortége sort du collègue que les encadreurs sont perdus. De dizaines d’autres voitures infiltrent la suite. Les unes plus surchargées que les autres, avec des élèves issus de divers établissements, dont ceux de leur collège.

 

Il y avait là des filles à moitié nues, assises sur les portières ou sur les toits de voitures, bouteilles de champagne en mains, sifflets accrochés aux lèvres. Les garçons quant à eux ont transformé les capots en sièges, brandissant des affiches de concerts. Des motos taxis s’en mêlent, eux aussi chargés d’élèves et zigzaguant entre les véhicules. Le long de leur trajet, des automobilistes se mettent sur le côté pour leur céder le passage. Le cortège prend de la vitesse progressivement. Dans ce brassage, impossible de retrouver la trace du cortège initial. Les pauvres encadreurs ont dû rebrousser chemin, impuissants.

En effet, des activités liées à la fête de la Jeunesse, le volet caravane est le plus spectaculaire. Car toutes les routes sont prises en otage par ces jeunes scolaires en quête de sensations fortes. En réalité, l’organisation de cette activité est aujourd’hui une concurrence entre les établissements secondaires. « Chacun veut avoir le plus long cortège, le plus beau et le plus luxueux. Alors on met le paquet », raconte un élève, responsable de coopérative dans un lycée de la place. Il explique que, avec le concours de certains parents, de l’établissement et sur fonds propres, ils louent des voitures de grandes marques pour former le cortège.

« Mais beaucoup prennent les voitures de leurs parents, mais avec leur permission», précise-t-il. Toujours est-il que le spectacle que ces jeunes offrent sur les chaussées est effrayant et démesuré. Excès de vitesse, de surcharge et nuisances sonores. Sans compter les tenues exhibitionnistes et toutes les conséquences encourues. Sans doute pour conjurer le mauvais sort, le principal du collège de la Retraire compte interpeller les responsables des établissements catholiques, pour que cette activité cesse à jamais.

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Journées culturelles universitaires(Cameroun) : Les cop’s dévoilent leurs potentiels artistiques

Posté par odiga le 9 février 2010

Les meilleurs candidats de la 1ère édition des Journées culturelles universitaires ont été primés vendredi dernier à Yaoundé.

SOURCES: MUTATIONS.


C'est au cours d'une soirée enlevée, baptisée “Grande soirée culturelle” par les organisateurs, que les meilleurs candidats des sept Universités d'Etat ont reçu leurs trophées (les épis). Toute la journée durant, ils ont rivalisé d'adresse au cours d'une compétition artistique et culturelle comportant six disciplines parmi lesquelles, les arts plastiques (caricature et peinture), la chanson, le chant choral, les danses patrimoniales, le théâtre et la photographie. Brillant par leurs prestations scéniques, musicales et picturales, ces étudiants n'ont laissé aucun invité indifférent. Et le ministre de l'Enseignement supérieur (Minsup), le Pr. Jacques Fame Ndongo, ne manquera pas de saluer ce talent dans son allocution “vous êtes pétillant dans la vitalité, éblouissant dans l'inventivité et perspicace dans la créativité. Vous êtes des artistes du corps et de l'esprit car vous savez manier la plume et le pinceau. Vous avez su joindre l'utile à l'agréable”.

Un talent qui vaudra à Joséphine Ghislaine Ngo Ngue de l'Université de Yaoundé I -par ailleurs vainqueur de l'épi d'or au concours de la caricature-, le prix spécial du cinquantenaire sous la bannière duquel, s'est également célébrée cette 1ère édition des Journées culturelles universitaires. Pour Germaine Zambo, coordonatrice technique des Jcu, l'attribution de ce prix spécial tient du fait qu'à l'occasion de cette cérémonie qui était de bonne facture. “Le ministre de l'Enseignement supérieur a décidé d'attribué un prix spécial aux artistes. Et Mlle Joséphine Ngo Ngue étant l'une des plus jeunes compétitrices, son âge et sa démarcation lors de l'épreuve de caricature ont été des critères déterminants pour son choix”.

A l'instar des Jeux universitaires où les étudiants camerounais démontrent depuis quelques années leurs talents de sportif, ou encore les Universiades où l'on a pu apprécier le savoir faire intellectuelle des cop's. Les Journées culturelles universitaires, viennent dévoiler ce potentiel artistique considérable dont regorge la jeunesse camerounaise. Le Pr. Jacques Fame Ndongo dira à cet effet “C'est à vous qu'il appartient en cette célébration du cinquantenaire de l'indépendance de notre pays, d'assurer la relève de vos aînés. Et pour ce que nous avons ce soir, nous sommes contents de savoir que vous êtes prêts la préparer car vous êtes l'avenir du Cameroun”.
En attendant la tombée des rideaux qui aura lieu le 10 février prochain, aucun des lauréats n'a caché la satisfaction d'avoir participer à cet événement.

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Universités d’Etat (Cameroun): Le personnel administratif paralyse Yaoundé I et II

Posté par odiga le 9 février 2010

Il a revendiqué hier de meilleures conditions de vie et de travail.

Sources: Mutations.


Le président du syndicat national des personnels d’appui des universités d’Etat du Cameroun (Synapauc), Michel Bilong et ses camarades pavoisaient pratiquement hier en fin d’après midi. Durant toute la journée du lundi 8 février, les bureaux administratifs des universités d’Etat (en dehors de l’université de Maroua) ont été quasiment désertés, selon les témoignages des syndicalistes.
Au sein des universités de Yaoundé I et II, la plupart des agents ont passé le plus clair de leur temps loin de leurs postes de travail. «Nous avons ouvert nos bureaux, puis nous sommes restés dans la cour. Il s’agissait d’une grève non violente. Les recteurs Oumarou Bouba de Yaoundé I et Tabi Manga de Yaoundé II ont pris l’affaire à leur compte, pourtant la résolution de nos problèmes dépend plutôt à leur hiérarchie», a indiqué un agent en service à l’Université de Yaoundé II-Soa.

Ce dernier s’empresse d’ajouter que des étudiants n’ont pas pu obtenir certaines pièces à cause de ce débrayage. Ce qui constitue un préjudice pour eux à quelques jours des examens de fin du premier semestre. Toujours à cause du mouvement d’humeur du personnel administratif, certains étudiants ont eu de la peine à plancher hier dans le cadre des contrôles continus.
Tous les ingrédients étaient dès lors réunis pour que le ministre de l’Enseignement supérieur instruise une réunion de concertation entre le président de la conférence des chefs des institutions universitaires du Cameroun, Bruno Bekolo Ebbé et les représentant du Synapauc, au campus de Soa.

Amendement
On y a également noté la présence du chef de la division de promotion du dialogue social universitaire au Minesup, M. Ngameni, du recteur de l’université de Yaoundé II, Jean Tabi Manga et des vice-recteurs des 7 universités d’Etat du Cameroun. Au terme des travaux qui ont duré plus de 4h de temps, deux points saillants ont été retenus d’accord parties.
Premièrement, les participants ont constaté que le projet de convention collective nationale des institutions universitaires publiques du Cameroun, adressé au ministre de l’Enseignement supérieur par le Synapauc, a été amendé par un comité ad hoc composé des vice recteurs chargés du contrôle interne et de l’évaluation.

Ceci conformément à la résolution 9.3 de la session du 3 décembre 2009 de la conférence des chefs des institutions universitaires tenue les 5,6 et 7 février 2010. La version amendée de ce document a été remise séance tenante au président national du Synapauc, Michel Bilong. Lequel estime que «dans sa globalité, le texte épouse les points de vue du personnel administratif des universités d’Etat».
En second lieu, il a été convenu que cette version amendée du projet de convention collective sera validée par la conférence des chefs des institutions universitaires et soumise au Minesup au plus tard le 28 février prochain. C’est pour ces deux raisons que le Synapauc a «décidé de lever le mot d’ordre de grève afin de ne pas compromettre la sérénité du fonctionnement des institutions universitaires et permettre au processus ainsi enclenché d’aboutir harmonieusement dans l’intérêt de toutes les parties».

Toutefois, Michel Bilong précise que «si rien n’est fait d’ici le 1er mars prochain, nous allons de nouveau manifester notre mécontentement». Au cours de la cérémonie de présentation des vœux du nouvel an le 28 janvier dernier, le ministre de l’Enseignement supérieur Jacques Fame Ndongo n’avait pas uniquement reçu des bouquets de fleurs.
Le président du syndicat national des personnels d’appui des universités d’Etat (à l’exception de l’université de Maroua où cette composante se constitue encore) avait saisi cette occasion pour remettre au Minesup le projet de convention collective nationale des personnels d’appui des institutions universitaires publiques du Cameroun dont l’aboutissement est attendu depuis 5 ans.

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Université (Cameroun): La tricherie gagne du terrain.

Posté par odiga le 9 février 2010

De plus en plus d’étudiants se livrent à la tricherie en milieu universitaire pour valider les unités d’enseignement.


Sources: Mutations.


Ngoa Ekellé. Il est environ 10h du matin en ce mardi 5 janvier 2010 au campus de l’université de Yaoundé I. Les étudiants de cette institution académique reprennent à peine les cours après la pause de Noël. Ils campent dans les salles de cours, sur les esplanades des amphis et couloirs de la faculté des arts, lettres et sciences humaines. L’air concentré et le regard bien fixé sur les documents qu’ils tiennent à bouts de bras, on voit bien qu’ils sont en pleine révision. Les examens de fin de premier semestre approchent à grands pas. Ils auront lieu à partir du 15 février prochain. Devant l’amphithéâtre 300, les visages épanouis, des étudiants se racontent les potins des fêtes de fin d’années et ne semblent guère inquiétés par la question des examens de fin du premier semestre.

Parlant de la tricherie, Gérard Ebodé, étudiant à l’Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication (Esstic), niveau 3 indique : «Dans le monde académique, il y a en qui passe par cette voie pour arriver à leur fin et un meilleur résultat académique. Pour ce fait, ils utilisent généralement plusieurs méthodes qui passent par des coups d’œil directement sur la copie du voisin. D’autres font des cartouches préalablement préparées chez eux qu’ils sortent pendant l’épreuve».

Un autre étudiant semble plutôt porter le doigt accusateur sur les jeunes filles sont dit-il, «les déesses de la tricherie». «Elles se servent souvent de leur lotus sur lequel, elles écrivent le condensé du cours et à l’heure de l’épreuve, elles le sorte et font semblant de se moucher alors qu’elles y jettent des coups d’œil. D’autres, quant à elles, écrivent l’intégralité du cours sur leurs cuisses et s’arrangent à porter des minijupes qu’elles soulèvent de temps en temps pour lire», raconte Oscar Djeudji, étudiant en philosophie.
A quelques encablures de l’Institut Siantou supérieur au quartier dit ancien cami Toyota, les étudiants ne semblent pas surpris par le phénomène de la tricherie dans ce milieu puisque certains expliquent que cela relève généralement de la paresse. «Il y’en a qui ne prennent pas la peine de lire leur cours pendant les vacances et lors des examens, ils se retrouvent coincés et n’ont plus d’autres choix que de tricher », explique julienne Matip, étudiante en communication d’entreprise à l’Institut Siantou.

Enseignants
Selon Antoine Beauvard, président des étudiants de la faculté des arts, lettres et sciences humaines de Yaoundé I, les causes du phénomène de la tricherie dans nos universités sont de plusieurs ordres : «il y a d’abord, la facilité en ce qui concerne l’étudiant qui veux tout avoir, sans toutefois souffrir, pour lui c’est plus facile d’avoir une cartouche préparée d’avance pour retranscrire le cours, il y a également les conditions d’évaluations des étudiants qui sont de tel enceinte qu’on ne peux ne pas tricher, car voyez-vous, lorsqu’on évalue 1500 étudiants dans un amphi de 100 places, a quoi s’attend t-on ?, les étudiants sont assis les uns sur les autres et toutes les conditions sont réunies pour permettre aux étudiants de tricher, il y a enfin le phénomène d’annotation il est difficile à l’université d’ avoir la mention, tout donne l’impression que quoi qu’on fasse ou dise dans nos copies, cela ne sera pas accepté par le professeur, donc certains préfèrent retranscrire fidèlement le cours au professeur», a t-il expliqué.
D’après Vivien Njoungui, étudiant en lettres modernes françaises, «l’étudiant a un manque de confiance en lui-même, et cela s’explique aussi par le fait que les enseignants demandent aux étudiants d’acheter les cours, que ceux-ci n’expliquent pas bien et à la fin l’étudiant a des difficultés de compréhension».

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Enseignement supérieur(Cameroun) : Dans les arcanes de la géomatique

Posté par odiga le 9 février 2010

D’apparition récente dans les curricula de formation, cette discipline offre plusieurs opportunités.

Aéronautique, armée, urbanisme, environnement, foresterie, médias, sont autant de domaines d’application de la géomatique. Selon les explications de Bienvenu Ngon à Dong, recteur de l’Institut Hermès de Yaoundé, qui forme des géomaticiens, «la géomatique c’est l’informatique qui s’applique aux sciences géographiques. Lesdites sciences englobent la cartographie, la topologie, la télédétection, l’écologie, la photogrammétrie entre autres». En d’autres termes, le géomaticien propose de nouvelles techniques d’orientation dans l’espace. Peu connues, les structures de formation de cette filière à plusieurs tentacules se comptent sur le bout des doigts. L’université de Dschang, l’Auf (Agence universitaire de la francophonie), et dans le secteur privé, à Douala et l’Institut Hermès à Yaoundé.

Toutefois, le contenu de la formation d’une durée de douze mois, est dense. Après un enseignement théorique de sept mois avec illustrations, les étudiants ont droit à cinq mois de pratique en entreprise. Le matériel utilisé est composé d’ordinateurs, de logiciels adaptés, du réseau Internet, du Gps (Global positioning system) pour la localisation satellitaire et bien sur d’une bibliothèque équipée. Ce qui explique le coût de la formation «Normalement, il faut débourser la somme d’un million Fcfa pour une année, mais avec l’appui des partenaires que nous avons, elle est réduite à 500 000 Fcfa», précise Bienvenu Ngon à Dong. Des sommes qui sont compensées une fois la formation achevée, car ajoute-t-il, «les géomaticiens ne sont pas des chômeurs».

La formation de géomaticien s’adresse aux titulaires d’un baccalauréat scientifique qui obtiennent un diplôme d’ingénieur après trois ans d’apprentissage. Menu de cette qualification, qui leur ouvre des portes, ces professionnels sont sollicités dans plusieurs cabinets. A Yaoundé par exemple, l’Irad (Institut de la recherche agricole et du développement) de Nkolbisson est doté d’un cabinet qui utilise l’expertise des géomaticiens. En bonne place également, les institutions publiques telles que le ministère des Forêts et de la Faune, le ministère de l’Environnement et de la protection de la nature. Par ailleurs, un géomaticien peut s’auto employer en ouvrant son propre cabinet dans l’option de son choix.
Au Cameroun la difficulté de cette filière géomatique reste l’insuffisance de spécialistes. Parmi ceux-ci, Joseph Tepoulé. Responsable du département de géomatique à l’université de Dschang, il s’est formé en Hollande en bénéficiant d’une bourse de l’agence spatiale internationale de France. Un exemple de la valeur de la géomatique.

SOURCES: MUtations.

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Cameroun : des écoliers accusés de sorcellerie à Kribi

Posté par odiga le 9 février 2010

SOURCES: LE JOUR. 

Quatre d’entre eux ont été entendus à la compagnie de gendarmerie samedi dernier. Ils étaient au départ six, aujourd’hui, on parle de onze, le nombre d’enfants de 6 à 9 ans projetés au devant de l’actualité à la Kienké, village II de la Socapalm, situé à une dizaine de kilomètres de Kribi.

Quatre d’entre eux ont été conduits à la compagnie de gendarmerie samedi dernier par le chef de ce village, Dieudonné Nkongo.
Selon le chef du village, l’affaire remonte à plus de huit mois. A la suite des dénonciations après une rencontre avec un pasteur aspirant, ouvrier dans les plantations de la Socapalm. L’affaire prise avec négligence au départ a pris une autre envergure il y a deux semaines avec la mort d’un bébé de six mois, décès revendiqué par le groupe d’enfants. La panique s’empare du petit village, composé pour la plupart des ouvriers et des enseignants de l’Education de base.

Au camp des enseignants, personne ne veut se prononcer officiellement. Ils sont cependant unanimes, sur la présence de ces mystérieux enfants dans leurs salles de classe, une menace pour leur carrière professionnelle et même pour leur propre vie. Certains envisagent déjà des affectations, pour éviter tout accrochage avec ces élèves.A la gendarmerie, les quatre enfants (dont deux du chef) et leurs parents ont été entendus sur procès-verbal. Une convocation a été émise à l’adresse des sept autres pour mardi prochain. Des sources proches de l’enquête indiquent que malgré le jeune âge de ces enfants, ils seront déférés cette semaine devant le procureur de la République.

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Cameroun: Les propositions d’Eugène Nyambal pour la jeunesse camerounaise

Posté par odiga le 9 février 2010

 

Eugène Nyambal:Camer.beDans quelques jours, notre pays célébrera comme à l’accoutumée la fête de la jeunesse. Cette fête revêt cette année une signification particulière car elle intervient cinquante ans après l’indépendance du Cameroun. Au-delà des festivités coutumières, je souhaite que nous placions cette journée sous le signe de la commémoration et de l’espoir. Qu’il me soit permis de souhaiter plein succès aux Lions Indomptables pour la prochaine coupe du monde en Afrique du Sud. Ils incarnent la fierté nationale et l’esprit camerounais. Ils inspirent des millions de jeunes camerounais qui contribuent au quotidien à faire avancer notre pays ainsi que ceux qui mènent avec courage un combat pour la survie, au point de choisir de plus en plus la voie de l’exode pour réaliser ailleurs leurs rêves brisés.
 
Tous ces jeunes ont un point commun : la volonté de s’éduquer, de travailler, fonder une famille et servir le Cameroun. Je ne me suis jamais éloigné des préoccupations de cette jeunesse. C’est dans ce sens que s’inscrivent mes interventions dans la presse nationale, notamment en 2005 pour « Redonner Espoir à la Jeunesse » et en 2004 pour inviter notre pays à élaborer « un Nouveau Contrat Social» autour du patriotisme, de l’égalité des chances et d’une prospérité partagée; ainsi que mon article dans le quotidien « Le Monde » en 1990 pour soutenir la démocratie en Afrique. 
 
Je connais les sacrifices inestimables des millions de familles camerounaises pour octroyer à leurs enfants, le sésame républicain de la réussite que constitue l’éducation. C’est une charge pesante voire insupportable pour les familles modestes dont les efforts aboutissent souvent à une impasse : le chômage des jeunes, en raison de l’incapacité  des autorités à vous écouter, à identifier vos rêves et vos besoins par la création continue d’un cadre éducatif, de formation  et d’épanouissement adapté et une politique ambitieuse de l’emploi qui ne devraient laisser aucun d’entre vous sur le bord du chemin ou sans avenir. C’est le défi le plus important de notre temps et la source fondamentale de la désintégration de notre société.

Que de discours et promesses non tenus ayant contraint nombre d’entre vous à la résignation malgré votre hargne et votre volonté de réussite. Rien n’est perdu, ensemble nous pouvons construire un avenir meilleur, c’est la raison pour laquelle je m’adresse à chacun d’entre vous, ainsi qu’à chaque parent. Mon souhait est de partager avec vous ma vision, mon rêve pour  la formation de chacun d’entre vous et votre insertion, ainsi que votre épanouissement et votre responsabilité pour le développement de notre pays. Le Cameroun ne saurait devenir un pays émergent et réduire la pauvreté de manière significative dans les prochaines années sans s’appuyer sur une stratégie ambitieuse en matière de formation visant à faire de notre pays un pôle d’excellence du savoir-faire et de maîtrise de la technologie. Car, plus que les matières premières, le savoir et la mobilisation de chacun d’entre vous représentent aujourd’hui la principale source de compétitivité de notre Nation.
Le premier défi majeur pour gagner la bataille de notre bien-être collectif, de votre avenir, donc du développement de notre pays concerne votre formation. Pour ce faire, nous devons former une masse critique de leaders publics et privés capables de positionner le Cameroun dans la compétition  internationale, des capitaines d’industries et des managers capables d’amener les entreprises à des niveaux de compétitivité élevés et des techniciens capables de produire des biens et services de même qualité que les concurrents étrangers.

Adapter l’Enseignement aux Défis du Développement

Pour créer une élite capable de piloter les mutations économiques et socioculturelles, il est indispensable de réformer l’enseignement supérieur autour de quatre priorités.

-Adapter l’enseignement supérieur aux défis du développement. Cela passe par une refonte du système des universités et grandes écoles et par la création de collèges technologiques pour mieux répondre aux besoins de l’économie. De nouvelles filières devraient être promues pour bâtir des compétences dans les secteurs prioritaires retenus dans la stratégie nationale de développement. Je pense notamment aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (avec des accords d’assistance et de partenariat stratégique avec des grands groupes mondiaux technologiques), à la gestion des effets de changement climatiques et de l’environnement, à l’industrie du bois, à l’exploitation des ressources du sous sol, au tourisme et aux autres industries susceptibles de soutenir nos exportations, à l’entreprenariat et la gestion des PME-PMI, au développement urbain et à la gestion des collectivités locales. Au niveau institutionnel, l’ENAM et l’Ecole Polytechnique, devraient être profondément réformées en ce qui concerne la sélection, les programmes, les méthodes, et  l’esprit de travail pour fournir à la nation une masse critique de leaders capables de piloter et coordonner les mutations économiques et technologiques. Ce dispositif devrait être densifié par la création et la mise en place d’instituts d’enseignement techniques et cycles professionnels pour former des techniciens et cadres intermédiaires.

-Supprimer les droits d’inscription dans les universités pour augmenter le taux d’accès à l’enseignement supérieur qui reste faible par rapport à celui des pays émergents. L’Etat ne prélève que 5 milliards sur un effectif estimé à 115.000 étudiants. La suppression de ces droits pourrait être financée par les économies budgétaires sur les fonctionnaires fictifs ou la révision de la mercuriale pour réduire les dépenses d’achats de biens et services de l’Etat. Pour restaurer l’excellence, le système de bourse d’études serait restauré à travers la mobilisation annuelle des trois milliards récemment promis par le président de la République aux étudiants les plus méritants.

-Mettre en place un programme pluriannuel de renforcement des moyens de l’enseignement supérieur au niveau des infrastructures et des équipements, de l’accès à l’outil informatique et à l’internet, des partenariats avec les grandes universités mondiales et des conditions des enseignants pour créer des pôles d’excellence dans les différentes régions du pays, ainsi que l’implication des ressources humaines de la diaspora à votre formation par le partage d’expériences dans les différents domaines de spécialisation. En contrepartie, il est indispensable d’introduire plus de compétition et de transparence dans le recrutement et l’avancement des enseignants, de s’assurer que les ressources sont mieux utilisées et d’imposer une obligation de résultats, notamment à travers des contrats programmes entre l’Etat et les universités, la création de partenariats avec le secteur privé et la publication régulière du résultat des recherches des enseignants.  
-Mettre en place un système d’évaluation et d’accréditation des programmes et filières de l’enseignement supérieur et technique associant le corps enseignant, l’Etat, les étudiants et le secteur privé pour garantir la qualité au  niveau pédagogique et technique et assurer l’adéquation entre les enseignements et les priorités nationales.
 
Pour fournir à la nation une masse critique de citoyens et de techniciens capables de s’adapter aux grandes mutations et d’entrer effectivement dans le processus de production, il est indispensable de mieux adapter les systèmes d’enseignement technique et d’insertion aux priorités économiques et de réintroduire l’éducation civique dans notre système éducatif. A cet effet, il convient de créer les conditions pour augmenter le taux de réussite au Baccalauréat qui était de l’ordre de 53% pour l’année 2008, et de doubler la proportion des élèves dans les filières scientifiques et techniques du secondaire qui oscille autour de 10%. Pour les enfants des couches défavorisées, nous devons supprimer les frais d’APEE pour l’enseignement secondaire et primaire. Dans les différentes collectivités locales, il convient de mettre l’accent sur l’adéquation formation/emploi dans les lycées techniques au profit des industries locales et revaloriser la formation continue.

En ce qui concerne le primaire, notre pays doit prendre des mesures concrètes pour assurer un accès universel à l’éducation et améliorer le taux d’achèvement du primaire qui était de 58,8% en 2007. Au-delà de la construction de nouvelles salles de clase et du recrutement de nouveaux enseignants, il est indispensable d’adapter le contenu des programmes pour donner aux enfants des bases solides pour lire, écrire, compter et s’imprégner des compétences et des valeurs nécessaires pour devenir des citoyens responsables. Il convient également d’améliorer les conditions de vie à l’école par la construction de sanitaires dans les écoles et les établissements publics.

La réforme du système de formation serait vaine si elle ne prenait pas en compte la nécessité de mettre en place un système d’encadrement des jeunes sortis prématurément du système scolaire. De nombreux jeunes camerounais parmi vous, sont en situation d’échec scolaire pour des raisons diverses non exhaustives pouvant aller de l’inadaptation au système scolaire classique, d’une incapacité médicale, d’une maternité précoce aux difficultés d’encadrement familial (divorce, famille mono parentale). Pour cette catégorie de jeunes, il est indispensable d’inventer des solutions idoines et de créer des passerelles pour leur donner une formation technique de base.

Relancer la Croissance et l’Emploi

Je ne saurais oublier qu’après la formation, l’intégration des jeunes dans la vie active constitue le second défi majeur. J’ai vu des pays ayant moins de ressources que le Cameroun améliorer les conditions de vie de leurs citoyens, à l’instar de  la Tunisie, de l’Ile-Maurice, du Botswana, du Ghana, du  Rwanda ou de Singapour. Ceci montre que la pauvreté n’est pas une fatalité et m’amène à réaffirmer qu’ensemble, nous pouvons gagner le pari du développement, moderniser notre pays, renforcer son rayonnement comme pilier économique de la sous région et créer des centaines de milliers d’emplois par des politiques plus ambitieuses autour des axes suivants :

-Un Programme ambitieux de relance du secteur privé visant à accélérer la croissance et diversifier les sources de création d’emplois, à réduire les barrières à la création et au fonctionnement des entreprises, à renforcer les capacités des PME-PMI, à réduire le coût des facteurs (eau, électricité, transport, télécommunications), à attirer les investissements et à promouvoir les exportations. Un tel programme devrait s’appuyer sur un projet ambitieux structurant de renforcement de l’offre énergétique, la promotion de pôles de compétitivité dans les secteurs prioritaires pour favoriser les exportations et la transformation  locale de nos matières premières (NTIC, bois, minerais, caoutchouc, textile, tourisme, bâtiments travaux publics, etc) ainsi que la mise en place  de Zones Economiques Spéciales ayant statut de Zones Franches et une refonte de la fiscalité. Au niveau de l’aménagement du territoire, cette politique se traduira par l’organisation de bassins d’emplois visant à valoriser les potentialités locales (halieutiques, animales, agricoles et touristiques) et la possibilité donnée aux collectivités locales de regrouper les entreprises dans les zones spécialement conçues à cet effet pour encourager la création d’emplois et la diffusion de l’information et des innovations.

-Un programme de modernisation des infrastructures et de développement urbain reposant sur des activités à forte capacité de création d’emplois (habitat social, ramassage et recyclage d’ordures, centres commerciaux modernes, aménagement d’espaces industriels, aménagement des agglomérations périphériques, construction et maintenance routière), ainsi que dans un délai de dix ans, la mise en place d’un réseau de transport reliant les chefs lieux des différentes provinces pour amorcer le développement de l’arrière pays et augmenter les échanges avec les pays voisins. Il est également important de lancer un programme de développement des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication pour moderniser l’administration et le secteur privé et tirer profit de notre bilinguisme en se positionnant  dans différentes industries comme interface entre le monde Francophone et Anglophone.

-Un programme de relance du secteur agricole pour faire baisser les prix des produits de première nécessité, assurer l’autosuffisance alimentaire et positionner le Cameroun comme le grenier de la CEMAC et du Nigeria. Il est incongru que notre pays continue à importer massivement des produits tels que le riz, le poisson, la viande, le maïs, l’huile de palme, du sel et des conserves malgré la disponibilité de vastes terres fertiles, d’un accès à la mer et d’une main d’œuvre abondante. Il est indispensable de repenser nos campagnes en termes de développement intégré permettant de faire intervenir de concert toutes les administrations pour améliorer les conditions de vie (santé, éducation, électricité, téléphone cellulaire, télévision et activités sportives) et améliorer la production et la distribution de produits (location de matériel, coopératives).

-Un programme de développement du secteur financier visant à mieux assurer le financement de l’économie à travers la mise en place de nouveaux mécanismes de financement pour les PME-PMI, l’agriculture, l’habitat et le l’innovation et à faire de la bourse des valeurs de Douala la première place financière de la sous région.

-Un programme spécifique d’appui à la jeunesse pour favoriser son insertion socio-économique par des politiques ciblées visant à encourager les projets d’entreprises et d’associations, octroyer aux jeunes des crédits en partenariat avec les structures de micro finance et d’appui aux entreprises et mettre en place un indice de la responsabilité sociale des entreprises pour récompenser annuellement celles qui ont la plus forte contribution à la formation et à l’emploi des jeunes.
-Le lancement de prix d’excellence dans les domaines prioritaires du programme de développement national pour encourager les entreprises et institutions les plus performantes.
 
Restaurer les valeurs

 

Dans une société traversée par de multiples déchirements, je ne saurais terminer mon propos sans rappeler les valeurs républicaines qui fondent notre contrat social. Vous devez vous réaliser individuellement pour mieux servir la nation. Votre condition de vie d’aujourd’hui ne détermine nullement votre destinée de demain. Nombreux sont les glissements et les chutes sur le chemin qui mène au sommet. Votre éducation et votre volonté constituent votre principal capital de réussite, car on peut partir de rien et atteindre ses objectifs, à condition de fonder son projet sur le travail, la persévérance et des convictions.
 
A cet égard, permettez-moi de rappeler que mes origines sociales modestes n’ont jamais altéré ma soif d’apprendre et toujours donner le meilleur de moi-même bien que n’ayant jamais bénéficié d’une bourse du gouvernement lors de mon parcours universitaire. C’est également par la force du travail que je suis arrivé dans les institutions financières internationales. En 1994, la présentation de mon ouvrage « Afrique : Quels Changements Après la Faillite» à Paris m’a ouvert les portes de la Banque mondiale avec l’appui d’un responsable de l’institution. Par la suite et sans l’appui de mon gouvernement, j’ai  rejoint le FMI et la SFI. Lorsque j’ai engagé les discussions en 2007 pour revenir au poste que j’occupais auparavant, le dossier a été soumis à l’appréciation  du Chef de l’Etat qui m’a donné l’insigne privilège de porter à nouveau la voix du Cameroun au FMI. Je lui en sais infiniment gré. J’ai continué à servir mon pays avec loyauté et patriotisme. Je ne saurais porter quelque responsabilité dans l’échec des politiques économiques de notre pays au cours de ces dernières années et encore moins être associé aux débats animés par de brillants compatriotes que je n’ai pas eu la chance de rencontrer à ce jour.
Ceci m’amène à vous exhorter, quelle que soit la voie que vous aurez choisie, à refléter en toute circonstance l’esprit de courage des Lions Indomptables. Le courage, c’est de supporter sans fléchir les épreuves de tout ordre que prodigue la vie, c’est de devenir autant que possible le meilleur dans la voie et le métier que vous avez choisis et de ménager une ouverture sur les opportunités offertes par le vaste monde et rester ouverts aux perspectives plus étendues. Le courage, c’est aussi de préparer un ordre social plus juste, d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à votre effort votre engagement d’aujourd’hui. Le courage, c’est aussi d’exercer pleinement votre devoir de citoyen sans jamais céder à la tentation de la violence, car la préservation de la paix et de l’unité nationale constituent nos atouts les plus précieux pour enclencher le développement. Ne vous laissez jamais imposer l’esprit du renoncement, car la lente montée des idées nouvelles est la source de transformation de la vie.

Pour terminer, je vous invite chacun dans son domaine à prendre son destin en main pour ensemble construire le Cameroun de demain.

© Eugène Nyambal

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